On affirme que tous les sept ans , revenant dans les forêts des Ardennes, le cheval Bayard se tient quelques minutes sur une roche qu’il frappa jadis de ses quatre pieds au point de laisser très visible l’empreinte de ses fers.
Il hennit très fortement et disparaît, mais s’il est possible d’entendre ses hennissements, il est fort difficile de le voir, car personne ne peut se vanter de l’avoir vu. Il apparaîtrait surtout dans les environs de Château-Regnault, entre les “pointes des quatre fils d’Aymon” et à cet endroit qui fut la “Table de Maugis”.
(Meyrac cite un extrait de M.H. de Nimal “Légendes de la Meuse” )
“Les quatre frères, ensemble, ont enfoncé leurs éperons d’or dans les flancs de leur monture. Bayard a levé sa tête fière, s’est ramassé sur ses quatre pieds. Il bondit comme un cheval ailé et il va retomber tranquillement, de l’autre côté de la Meuse, pendant que les quatre frères se signent et remercient Notre Dame.”

En ce qui concerne les sauts plus ou moins prodigieux faits par Bayard et l’empreinte de ses sabots plus ou moins fortement incrustés sur les pierres, les légendes sont nombreuses dans les Ardennes françaises et belges. Dans la vallée de la Lesse, sur un roc près de Dinant se voient deux empreintes figurant les pieds d’un cheval.
Les quatre fils d’Aymon, poursuivis par Charlemagne, sont montés sur Bayard qui, d’un saut, franchissant la Lesse, pique droit vers la Meuse et arrive par le chemin d’Herbeuval au-dessus des rochers où se trouve la fameuse “aiguille” à laquelle il a donné son nom. De là, il passe par-dessus la Meuse et laisse encore sur le rocher l’empreinte de ses sabots.
Le “Pas Bayard” se trouve non loin de la frontière franco-belge, sur le territoire du hameau de Remonchamps. Dans son bond prodigieux, le cheval aurait franchi une lieu !

 

Extrait du livre “Traditions, Coutumes, Légendes et contes des Ardennes” par Albert Meyrac , Editions F.E.R.N. à Avallon – 1966